Frisson - Compagnie Pàl Frenàk

Frisson à Beauvais

2006

Une chorégraphie sur le pouvoir de la métamorphose des êtres qui donne à voir un monde aussi illusoire que tangible.


Une traverse du monde des ombres comme une matière qui se prête aux manipulations et au dédoublement. Les danseurs jouent avec leurs ombres projetées à travers un dispositif vidéo.

Avec Frisson, inlassablement, Pàl Frenàk poursuit son exploration des instincts, d’une mémoire irréductible des corps. Une chorégraphie sur le pouvoir de la métamorphose des êtres qui donne à voir un monde aussi illusoire que tangible.


Dans des effets matières de prime abord éthérées, de transparences et de reflets, l’ombre prend vie dans une couleur laiteuse matricielle. Elle s’incarne pour se faire trace-empreinte comme dotée d’une intelligence autonome et opaque.


Surgissant de tous les recoins du plateau, les silhouettes s’impatientent, intriguent, absorbent tant le champ visuel du spectateur que celui des danseurs. Elles gomment les frontières scène-salle. Les gestuelles se dédoublent, mettent fin au mimétisme, semant la zizanie dans les duos entre les corps et leurs projections. Ici l’ombre n’incarne plus seulement un double spiritual ou charnel ou même une âme sœur mais devient bien un personnage à part entière.

Ici l’ombre n’incarne plus seulement un double spiritual mais devient bien un personnage à part entière.

Le reflet se révèle peut-être plus pur que celui qui l’a engendré. Il se rebelle pour exécuter un mouvement contraire à celui de son corps propriétaire. Certains dédoublements sont des monstres (intimes) qui remontent à la surface visible, jouent des tours, ne se laissent pas dompter. Les danseurs mordent même ou lèchent leurs ombres pour les retenir.


La peur du reflet est profonde voire légendaire en occident, tandis que la culture japonaise fait l’Eloge de l’ombre et du noir. Puis on se souvient que l’ombre survit à la mort, qu’elle garde du corps une image ineffaçable. De la dualité à la duplication, il n’y a qu’un pas.

La danse se déploie, se replie avec un mélange de sensualité convulsive-répulsive. Les éclairages en facettes pour Pàl Frenàk “ouvrent un espace pour la naissance, la douleur des fantômes” (l’image lui est venue à la lecture de poète hongrois Mathyas Varga). Habités par leur sujet, les danseurs s’investissent même dans une scène de „jolie“ torture sur les rescapés de l’ombre dont on ne sait plus s’ils appartiennent à l’univers humain ou virtuel.


Pàl Frenàk engendre des effets inattendus sur les figures des fantasmes comme des fantômes à la fois amoureux et destructeurs. Il y débusque les instincts secrets et contraires avec un risqué d’éclatement du corps troublant l’identité de ses personnages. “C’est un jeu sur le bizarre, sur les fragments du corps à rassembler qui se perdent en 1000 morceaux dans l’univers”. Une pièce pour se délester, se délecter de l’ombre et de ses frissons.


„Ce qui m’intéresse avant tout dans mon travail c’est la vérité vécue, celle de l‘être humain. Chacun d’entre nous vit des moments où il se trouve sur une ligne de frontière entre passer à côté ou se briser un peu.” – P.F.

Né en Hongrie, de parents sourds-muets, Pàl Frenàk a connu le geste avant le langage. Après sept années d’internat, où son intérêt pour le théâtre et le cinéma lui a permis de surmonter un climat difficile, il est formé à la danse classique et modern à l’Académie Endre Jessinski à Budapest. Il s’installe à Paris en 1988. Les traditions folkloriques et classiques qu’il a apprises en Hongrie ne lui donnaient pas les outils qu’il cherchait. En France, de nouveaux horizons s’ouvrent à lui. Il est en contact avec de nouveaux concepts liés à l’architecture, aux arts plastiques, à la philosophie, au cinéma.

Ces disciplines ont profondément influence son travail. Il collabore à plusieurs reprises et improvise avec des compositeurs de musique contemporaine notamment François Donato et Gyorgy Kurtag. Il crée une première pièce remarquée, “Les Palets” en 1993, regard sur une enfance cachée. Travailleur solitaire, Pàl Frenàk se nourrit de nombreux voyages : il choisit d’étudier la gestuelle du quotidien au Japon et d’explorer sans repère un univers qui lui est étranger. Il rencontre Kazuo Ohno et arpente le pays avec avidité. Il part à la recherche des lieux d’eau (sources, bains traditionnels, …), observe le retrait et la simplicité du geste.

En 1999, suite aux expériences asiatiques du chorégraphe, la compagnie a présenté “Tricks & Tracks” avec une création musicale de Fred Bigot.

En 2003, la compagnie Pàl Frenàk signe une convention de résidence pour trois ans avec la Faïencerie-Théâtre, Scène conventionnée de Creil.



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